Le THC, de son vrai nom tétrahydrocannabinol, est l'un des composés les plus connus du cannabis et principal responsable de ses effets psychotropes.
Depuis des siècles, le cannabis est utilisé à différentes fins : à la fois médicinales, spirituelles et davantage récréatives au cours des dernières décennies. Mais ce n'est que récemment que les scientifiques ont commencé à comprendre son réel fonctionnement. Parallèlement au THC, un autre composé du cannabis, le CBD (cannabidiol) a quant à lui a gagné en popularité pour ses potentiels effets relaxants et anti-douleurs sans les effets intoxicants ni psychotropes du THC.
Les différences et les points communs entre le THC et le CBD
Bien que les deux molécules soient issues de la même plante, leurs propriétés, leurs effets et leurs usages diffèrent de manière significative. Nous allons explorer ensemble les origines du THC, son mode d'action dans le corps humain, ses effets positifs et négatifs, ses avantages et ses risques mais aussi les différences et les points communs entre le THC et le CBD. Nous verrons enfin que si l'achat de CBD est quant à lui parfaitement légal, celui du THC est quant à lui formellement interdit, du moins en France. C'est pourquoi nous évoquerons aussi les différences légales entre ces deux molécules.
Origine et fonctionnement du THC

Le THC est l’un des cannabinoïdes naturellement présents dans le cannabis (Cannabis sativa). Découvert en 1964 par le chimiste Raphael Mechoulam, ce composé est principalement concentré dans les glandes résineuses du cannabis, appelées trichomes. Ces fameuses trichomes protègent la plante des prédateurs et des conditions environnementales extrêmes tout en étant riches en composés bio-actifs.
Les effets psychoactifs du THC
Le THC agit en interagissant avec le système endocannabinoïde humain, un réseau complexe de récepteurs cellulaires présents dans tout le corps. Les principaux récepteurs, appelés CB1 et CB2, se trouvent respectivement dans le cerveau et le système nerveux central mais également dans notre système immunitaire. Lorsqu’il est consommé, le THC se lie principalement aux récepteurs CB1, traduisant des effets psychoactifs telle que l’euphorie, une certaine forme de relâchement psychologique, ainsi que des modifications de la perception sensorielle (1).
L'utilisation du THC pour différentes pathologies
L’origine biologique du THC remonte à l’évolution de la plante de cannabis, adaptée pour produire cette molécule en réponse à des menaces externes et environnementales. En effet, cette substance joue aussi un rôle dans la protection de la plante contre les rayons UV ainsi que les agents pathogènes. Des scientifiques ont exploité ces propriétés afin d'étudier les applications médicales du THC, notamment dans le traitement des certaines douleurs chroniques, des nausées liées à la chimiothérapie mais aussi de certains troubles neurologiques, telle que la maladie de Parkinson (2). Le THC, dont l'usage est souvent décrié, est le fruit d’un processus naturel étroitement lié à l’évolution et à l’adaptation biologique du cannabis dont l'utilité et l'utilisation pourraient un jour faire l'objet d'une véritable révolution médicale, au-delà des simples controverses.
Les effets et les dangers associés au THC

Le THC provoque une large gamme d’effets sur le corps humain, en fonction de la dose consommée, de la méthode d’administration et de la sensibilité de chacun.
Les effets bénéfiques offerts par la molécule
Les effets généralement recherchés lors de la consommation de cette molécule incluent une sensation d’euphorie, de relaxation musculaire, une intensification des perceptions sensorielles, et une réduction temporaire de la douleur. Ces propriétés expliquent son utilisation en médecine, notamment pour soulager les douleurs neuropathiques, les spasmes musculaires, et stimuler l’appétit chez les patients souffrant de certaines maladies à différents stades de gravité (3).
Les risques de la consommation de THC
Cependant, ces effets bénéfiques s’accompagnent de risques potentiels, surtout lorsqu’il est consommé de manière excessive ou sans encadrement médical. Le THC peut altérer la coordination motrice et les fonctions cognitives, ce qui augmente les risques d’accidents de la route ou d’autres comportements dangereux. À long terme, une consommation abusive est liée à des troubles psychiatriques tels que l’anxiété, la dépression, et dans certains cas, la psychose, notamment chez les individus prédisposés de manière génétique (4).
Les adolescents et les jeunes adultes sont particulièrement vulnérables, car leur cerveau est encore en développement. L’exposition précoce au THC peut ainsi entraîner des altérations durables de la mémoire, de l’apprentissage mais également du contrôle des impulsions. Enfin, la dépendance est l'un des principaux dangers de sa consommation, 10 % des utilisateurs réguliers développant un trouble lié à la consommation de cannabis.
Les différences fondamentales entre le THC et le CBD
Des différences d'un point de vue chimique
Le THC et le CBD, bien qu’ils soient tous deux des cannabinoïdes issus du cannabis, diffèrent significativement dans leur structure chimique et leurs effets sur le corps humain. Le THC est connu pour ses propriétés psychoactives, provoquant des sensations d’euphorie et d’altération de la perception, alors que le CBD est dépourvu de tels effets. Cette distinction s’explique par la manière dont chaque composé interagit avec le système endocannabinoïde. Le THC se lie directement aux récepteurs CB1, principalement situés dans le cerveau, ce qui induit les effets psychotropes. En revanche, le CBD agit de manière indirecte en modulant ces récepteurs sans les activer, offrant ainsi des effets relaxants sans provoquer de sensations euphoriques ou d'altérations de la perception (5).
Des effets et des applications différentes
Une autre différence clé réside dans leurs applications thérapeutiques. Le CBD est largement utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires, anxiolytiques et anticonvulsivantes, et il est reconnu pour traiter des affections comme l’épilepsie, les troubles anxieux et certaines douleurs chroniques. Le CBD n’entraîne pas de dépendance et présente un profil de sécurité élevé (6). Il est utilisé pour son goût, ses effets légèrement relaxants et pour combattre naturellement les problèmes de sommeil et favoriser l'endormissement.

Des différences en termes de législation
La législation applicable à la vente et à la consommation du THC et du CBD constitue également une différence majeure. Si le THC est soumis à des réglementations strictes en raison de ses effets psychotropes, le CBD est autorisé en France car il n'est pas considéré comme un stupéfiant ni un psychotrope. La molécule est souvent présente dans des produits dérivés comme les huiles, les fleurs, les crèmes ainsi que les compléments alimentaires pour permettre aux consommateurs de profiter de son potentiel anti-inflammatoire et relaxant. Ces distinctions illustrent la manière dont ces deux molécules, bien qu’étroitement liées, servent des usages très différents, avec des implications variées en termes de santé et de législation.
Conclusion
Comprendre les points communs et les différences entre le THC et le CBD est important afin de mieux démystifier les débats autour de ces deux molécules. Le THC, bien qu'il offre des effets relaxants ou euphorisants recherchés par certains, est également associé à des risques potentiels pour la santé mentale et physique tandis que le CBD se distingue lui par son absence d’effets psychotropes et ses applications thérapeutiques prometteuses.
En comparant de manière concrète et sérieuse ces deux molécules, il est évident que l'usage du cannabis ne peut être appréhendé de manière uniforme, car ses impacts, notamment sur la santé, varient considérablement en fonction de la substance utilisée et du contexte de consommation. Les distinctions entre le THC et le CBD reflètent la complexité du cannabis en tant que plante et substance, ouvrant la voie à des recherches plus approfondies.